File moi ton Numéro (Homme – Hors Série)
Analyse d’un biannuel à 6€ :
Numéro fait partie de ces magazines qui ont écrit l’histoire de la modernité. Mené par la célébrissime Babeth Djian (styliste de tous les plus grands shooting des années 90), Numéro a su s’imposer comme le must de l’avant garde, aujourd’hui bien intégré dans le paysage il reste quand même un des rares magazines de mode à l’esthétique bien léchée capable de parler d’autre chose que da la dernière paire de chaussure à la mode, et ce, en profondeur.
Le succès et la qualité de Numéro Homme est certainement du à son incroyable équipe, identique à celle de la version féminine qui à chaque issue nous sélectionne le meilleur.
Aujourd’hui au n°18, je me souviens encore du n°10 avec l’incroyable couverture où Karl Lagerfeld apparaissait une guitare à la main en plein saut (par Jean-Baptiste Mondino).
Numéro Homme 18 :
1/ La pub
Présente dans n’importe quel magazine, la publicité est le nerf de la guerre, c’est elle qui rapporte le plus d’argent. Certes une double page dans un magazine comme Numéro coûte presqu’une dizaine de millier d’euros, mais cet argent n’est pas pur bénéfice il sert à faire un tourner un petit monde qui engloutit des fortunes dans des photographes, des stylistes, des équipes de mise en beauté, des destinations de rêve etc…
La plus moche : Prada, Hedi Slimane est resté coincé quelque part entre la collection AH04-05 et PE06 de Dior Homme, un mannequin vraiment très laid (la beauté est suggestive) avec une coupe de cheveux so 2005 (toujours aussi suggestif) et un allure d’ ado pré pubère aussi désabusée qu’à l’époque. Mention A+ pour le cardigan clouté.
La plus all i ever wanted : aucune même la Lanvin ne me donne pas envie d’acheter le produit, à ce niveau Gucci et D&G présentent habilement beaucoup de pièces mais il manque une étincelle.
La plus anecdotique : Dior Homme Sport, Jude Law en contrat avec Dunhill pour les vêtements à du poser pour le parfum Dior en tenue Dunhill, tout à été fait pour n’y voir que du feu mais quand on y pense c’est dingue.
La plus drôle : Bruce Weber pour Moncler et la version avec ses chiens en doudoune est exquise.
La plus louche : Givenchy, j’avoue que j’ai du mal à saisir la démarche.
2/ l’édito
Le chic de numéro réside dans édito/ citation d’un grand personnage.
Ici Jean Cocteau : « C’est… cette manière d’épauler, de viser, de tirer vite et juste, que je nomme style ». En plein dans le mile Emile.
3/ Les nouveaux produits
Généralement en nature morte, toujours mis en scène ces pages se concentrent sur les must à mettre en lumière (surtout les accessoires). Ma préférence pour le sac 48h en cuir glacé Tod’s à porter tout les jours et les derbys pailletées Givenchy, seulement pour le bal (masqué).
4/ Premiers Articles
Arrivent les premiers articles et interview. Cette saison :
• l’interview musique est consacrée à Kayne West.
• L’interview sarcastique et géniale de Philippe Utz à Italo Zucchelli (Calvin Klein) Tom Ford Rick Owens et Raf Simons (il a pas chômer).
• L’article architecture sur l’influence du Bauhaus (qui fête son 90ème anniversaire).
5/ Les séries mode
Miguel Reveriego, Chad Pitman, Camilla Akrans ainsi que Karl Lagerfeld sont les photographes des différentes séries, Numéro à pour habitude d’engagé des photographes de talents aux noms moins prestigieux que des Testino, Sorrenti ou Klein pour un résultat aussi qualitatif. Ma préférence va au shooting de Phil Poynter, style réalisé par Thierry Colson , intitulé « Cloisters ». Ambiance austère au sein d’une espèce de milice non armée à l’élégance incroyable et aux coupes parfaite des manteaux, les garçons sont horribles mais qu’importe ce n’est pas Men’s health.
Au final un super magazine masculin pour la rentrée, adapté à un homme plus pointu que celui du quotidien.

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