La Piel que Habito

La Piel que Habito par Jonathan Zlatics

La Piel que habito, dernier film de Pedro Almodovar est une histoire adaptée d’un livre français, Mygale de Thierry Joncquet.

Loin des habituelles adaptations où le réalisateur tente de suivre à la lettre l’ouvrage, Pedro Almodovar se contente de puiser son inspiration dans le récit et de l’interpréter de manière libre, en ajoutant des personnages, des connexions, bouleversant l’ordre des révélations et en transportant cette nouvelle au soleil.  Il a adapté ce livre en y ajoutant la touche Almodovar avec son lot de drames, de fatalités socio-culturelles et le plus important son esthétique.

La Piel que habito est avant tout un film que l’on regarde pour ses détails, son décor, et ses personnages tirés à quatre épingles, chose qui n’apparaît pas dans le livre, où l’auteur ne décrit aucun lieu, aucunes scènes  mais uniquement les actions des protagonistes. Le travail du chef décorateur est à mon sens des plus réussi, un vieux manoir espagnol à la décoration moderne post 50’s avec tout le confort high tech se mêlant aux veilles toiles de maîtres. N’oublions pas non plus le styliste qui a réussi son travail avec un résultat très sobre et très élégant, Antonio Banderas a un charme fou  grâce à une garde robe toute droite sortie de chez Barney’s. Elena Anaya est époustouflante dans sa robe fleurie pourtant banale, idem dans ses body très, très moulants. Quant à Marisa Paredes elle a beau avoir 65 ans elle dégage toujours autant de raffinement et de beauté.

Un des atouts majeurs du film, en plus de ceux cités ci-dessus (et de la quasi parfaite prestation d’Antonio Banderas) est la musique, une musique composée pour le film par Alberto Iglesias, et quoi de mieux pour se plonger dans une ambiance aussi sadique et malsaine qu’une musique parfaitement adaptée. Aujourd’hui les 3/4 des navets sortant au cinéma se contentent de bandes son picorées à gauche et à droite, investissant des millions de dollars dans des cascades et des effets spéciaux rocambolesques mais étant incapables de dénicher un compositeur digne de ce nom. Que serait Star Wars si « La Marche Impériale » avait été un morceaux des Rolling Stones ou si Les Dents de la Mer avait opté pour une chanson des Clash… la réponse est bien entendu RIEN … Je ne dis pas que toutes les bandes son composées resteront à jamais gravées dans les mémoires, mais pour un ambiance idéale et profonde il n’y a rien de mieux, Almodovar utilise d’ailleurs l’excellent Shades of Marble de Trentmöller dans son trailer, comme quoi l’un et l’autre ne sont pas forcément incompatibles.

En conclusion La Piel que habito est peu être « le film d’un vieux monsieur obsédé qui ne s’intéresse plus trop à son prochain », il n’empêche que le film doit être vu, premièrement pour se faire son avis et deuxièmement pour entendre parler espagnol.

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