Comment une prostituée a influencé le look que tu portes
Conte de fée des temps modernes, ce film diffusé plus de deux milles trois cents cinquante quatre fois et réalisé par Garry Marshall (qui réutilisa le duo Gere/Roberts pour « Just Married ou presque ») fait partie de ceux qui marquent une époque à jamais.
Sorti en 1990 il représente l’aboutissement des eighties, opulence et milliardaires de moins de 35 ans, de palaces, voitures de sports aux lignes angulaires et costumes amples, tout est fait pour nous tailler un descriptif complet de ce que sont ces fameuses années … style de vie, décoration, mentalités, etc… Le mur de Berlin et le communisme venaient de s’effondrer … le monde s’ouvrait encore plus au capitalisme.
Ce que l’on retient le plus, outre l’histoire d’amour improbable entre les deux protagonistes, est bien évidemment la mode, à l’époque les hommes qui réussissaient portaient forcement un costume Armani ou Cerruti, quand aux femmes, l’excellence en matière d’élégance revenait entre autres à Valentino ou à Chanel (tout juste repris en main par Karl Lagerfeld). Dans ce film Julia Roberts débarquée en pseudo Madonna des quartiers chauds n’a jamais été aussi bien dans une robe à 10$ que dans une autre à 10,000$, toutefois elle convainc difficilement en fille vulgaire aux traits parfaits que dans la petite robe noire de cocktail Gucci.
Ses looks, jeans blazer, tailleur bermuda ou encore chemise d’homme nouée et jupe ultra moulante ne seraient rien sans sa crinière (pas si rousse que çà) lâchée au naturel.
Vous ne me contredirez pas si je dis qu’aujourd’hui bon nombre de filles et femmes reprennent ces inspirations pour qu’en 2009, presque 20 ans plus tard on ressorte de l’armoire familiale le look idéal. L’avènement du blazer est une conséquence directe de l’influence que le cinéma peut avoir, même si Julia Roberts n’est certainement pas la première à avoir porté ce look, l’ampleur du film fut tellement de longue distance qu’elle a réussi à vous atteindre.
Aujourd’hui le mythe de la Pretty Woman à du mal à perdurer, l’histoire d’amour incroyable plaît toujours autant mais la femme moderne à d’autres rêves que de se faire enchainer à la dépendance d’une carte de paiement ne lui appartenant pas risquant à la première dispute de se faire rappeler avec délicatesse le trottoir d’où elle vient.
De plus avec la situation économique actuelle et la lobotomisation que les médias véhiculent sur la crise, cette histoire en devient presque indécente (on culpabilise même pour la baignoire gigantesque remplie à ras bord).
Ce film, dans la ligne de mire des socialistes et des féministes, n’a peut-être pas l’image adéquate pour la période actuelle mais cela ne nous fera pas oublier la plus grande réplique : «C’est 50 pépé ! Pour 75 mamie peut mater».
On retient :
- Le t-shirt blanc rentré dans le jeans taille haute longueur 7/8 avec le blazer noir.
- Le tailleur bermuda sous le genou.
- La fourchette à salade a trois dents mais peut en avoir quatre.
- La cuissarde que l’on retrouve cet hiver (de préférence non vernie).
- La lotus Esprit Turbo SE fait usage de 4 cylindres, possède un Turbocompresseur et 264 chevaux (modèle également utilisé par Sharon Stone dans Basic Instinc).
On oublie :
- Mâcher du chewing-gum.
- Les escargots si on n’est pas initié.
- Chanter Prince avec son Walkman waterproof alors qu’il y a des gens dans la pièce à côté.
- Le roulage en boule de billets de 100$ au fond du sac.
- La perruque blonde.
On écoute :
- It must have been in love – ROXETTE
- Fame 90 – DAVID BOWIE
- Wild women do – NATALIE COLE
Et l’inévitable Pretty Woman de Roy Orbison, en balançant toutes ses fringues de l’armoire juste pour le plaisir d’un moment de folie.
LA SCENE DU BALCON

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