La semaine hystéro-éthylique fauché de Jonathan
Lundi, ne rêvons pas, Novembre est là et le Lundi au soleil de ce cher Cloclo, n’est plus qu’un
souvenir d’antan où les paillettes de ses costumes se seraient métamorphosées en un million de
goûtes de pluie. Désespéré par les intempéries qui m’empêche de vivre pleinement mes envies
stylistiques c’est avec exécration que je m’affuble du costume traditionnel et de ses accessoires
requis en cette période de l’année, l’image que me renvoi le miroir m’emplit d’un profond
désappointement… « Quand il faut y aller faut y aller ». Lundi c’est aussi le jour je me suis précipité à toute allure dans la gueule du
découvert, là où d’autres dépensent pour survivre moi je survis pour dépenser, résultat des
courses : trois paires de Pierre Hardy doublées par deux mojitos absolument infâmes d’un bar
de la place Sainte Catherine. Lundi ma vie bascula quand une amie me fit découvrir the
Rachel Zoe project, 3 saisons à rattraper et une nuit beaucoup trop courte.
Mardi, c’est avec la tête ébouriffée et la bave au coin de la bouche que je me retrouve livré à
moi‐même dans la rue avec seulement 10 minutes pour arriver au bureau. Complètement
retardé et attardé c’est en passant devant H&M que je réalise que le lancement de la collection
Lanvin a lieu aujourd’hui. Seulement 30 personnes font la queue et c’est dans une grande méditation
snob que j’ai finalement conclu que le cota de RTT de certaines personnes devait être dépassé
pour qu’il y ait aussi peu de monde.
Mardi soir ce sont les vendanges, c’est donc dans un esprit de vidange que je me suis mis à vider
les coupes de champagnes. Bien moins tape à l’oeil que sa petite nièce la Fashion Night, les
vendanges sont un peu notre vieille tante Danielle, mi bourgeoise mi soumise, qui cette année
aurait décidé de se rebaptiser Dany et de s’émanciper. Chez la tante on croise tout le monde, le
coincé, le cinglé, la lifté, le raté, des bébés ,la reconvertie, l’apprentie, la rafraîchie, et
spécialement pour l’occasion le monde de l’oenologie. Chez Chanel ce soir fromage et charcuterie
sont au menu, le populaire n’aura jamais autant été à la mode. 23h00, il est encore temps pour
une livraison Sushi shop et deux épisodes de Rachel Zoe.
Mercredi, dans un relent de sashimi la porte se ferme devant mes yeux les clefs du côté
intérieur, 60 secondes qui en paraissent dix fois plus pour réaliser ce qui vient de m’arriver, le
problème sera quant à lui postposer à un moment X de la journée.
Il est 13h, mon addiction à Rachel Zoe se fait sentir et l’envie de connaître le diagnostic du
médecin est plus forte que la raison, je passerais donc la pause déjeuner chez mon dealer, le
deuxième épisode étant plus long que le temps réglementaire et c’est à pas cabri que je rentre au
bureau dans un état proche de l’Ohio.
Le reste de la journée ne sera qu’un mélange d’aberrations et de loufoqueries pour terminer en
apothéose avec la résolution de l’énigme de la capuche (ndlr : de la parka) et deux coupes de
champagne.
Jeudi, un vent de traditionalisme souffle sur ma vie, c’est Thanksgiving. Comment peut‐on être
un Européen qui n’a jamais vécu en Amérique du Nord et avoir envie de porter des pulls brodés
de flocons de neige pixélisés avec un pantalon en velours côtelé, vouloir de la dinde fourrée
accompagnée d’une mixture d’airelles et d’un verre de vin tout en regardant la neige tomber par
la fenêtre. Jeudi j’ai eu envie d’être un cliché. Coup du hasard ou de mon dealer pour accroitre
ma dépendance l’épisode de Rachel Zoe traitait lui aussi de Thanksgiving et du fait que cette
pauvre fille aux problèmes insidieusement ridicules, encline aux désordres alimentaires tentait
de réaliser un dîner pour tout le monde. Le seul problème c’est qu’au fil des épisodes et des saisons, elle, on ne
l’a voit jamais manger. Moi, je gonfle à vue d’oeil, à coup de repas de minuit et de cours de sport
annulés au profit de séances de relaxation alimentées. Jeudi soir Replay inaugure une boutique
existante depuis plus de 5 ans, mais qu’importe … cela fait longtemps que j’ai cessé de chercher
un prétexte pour sortir. Macy Gray aussi explosée que moi après deux coupes de champagne
nous bluff avec sa voix rauque et suave à la fois.
Vendredi, emporté par un tourbillon de folie d’une semaine typiquement parisienne, je me
réveille avec une toux aussi grasse que celle d’Alison Mossahrt dans « Cheep & Cheerfull »,
et je remercie le ciel… et la mode d’avoir congé aujourd’hui, jamais une Catherine n’aura été aussi
bonne avec moi. Vendredi est également le jour où j’ai entamé une cure de désintoxication à
Rachel Zoe, après une période de transe où j’aurais tout fait pour me procurer les épisodes j’ai
tenter le Birkin mais mon Amex n’est jamais passée, les Louboutin étaient trop petites et les vols
pour L.A. surbookés. Toutes mes tentatives pour me rapprocher de Rachel échouant les unes
après les autres c’est avec un effort gargantuesque que mon esprit a peu à peu évacué
l’addiction.
Pour couronner le tout Vendredi nous avons eu droit à la neige qui s’est abattue sur la capitale
dans un grand cri d’hystérie d’une classe de primaire qui passait par là.
Samedi après avoir constaté les dégâts occasionnés par une semaine décadente et dispendieuse
je me résous au risque de finir maniaco‐dépressif à tendance borderline affublé du syndrome de
Gilles de la Tourette, en restant chez moi, au chaud et en bougeant le moins possible pour regarder
tout ce que la télévision publique et privée peut m’offrir en cette fin de mois de Novembre 2010.
Les fêtes approches, au secoure.

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brigitte le 30/11/2010 à 09:25
Poblecito esta semana sera mejor ! Un besito....
Jonathan le 30/11/2010 à 18:41
Muchas Gracias !!!!
ElodieVeryPetit le 05/12/2010 à 17:18
Tu préfères avoir le syndrome gilles de la tourette ou toute ta vie t'habiller en lanvin pour h&m ?
jonathan le 05/12/2010 à 17:58
Gilles de la Tourette !!!!! sans hésitation. je pourrais insulter tout le monde sans m'excuser. :D